Olivier, berger
du Pré de Mollens

icone vache

Un Berger heureux

Fin mai, l’hiver appartient au passé, Olivier sent le besoin de rentrer "chez lui", comme il dit. Selon les années, ces derniers mois, il aura été jardinier, maçon, ou employé communal, à moins qu’il ait préféré voyager. Mais impossible de partir sans trouver une bonne âme pour s’occuper de ses chèvres.

Olivier le berger

Il a déjà plusieurs décennies d'estive à la montagne derrière lui, comme le temps est passé. Ils sont lointains ses débuts de berger sur l’alpage de "Premier".

Fils de paysan, Il avait toujours souhaité travailler avec des animaux, au grand air. La rudesse du climat, l’isolement, et la dureté du travail (pour nous citadins), n’auront jamais mis à mal ses rêves.

L'appartement d'olivier

Ce matin, Olivier se prépare à reprendre son activité de berger. Mal rasé (il n’est pas le seul), il déambule dans l’une des rues de Mollens. C’est ici qu’il habite désormais tous les hivers. Son appartement est une ancienne écurie (étable) rénovée. Pour tous les visiteurs, surprise garanties et accueil convivial entre les anciennes mangeoires à foin.

Un troupeau bien au chaud

Les chèvres ont passé la mauvaise saison dans une bergerie voisine. Olivier y loue un emplacement, pour y installer toute sa petite famille. Cette dernière en a bien profité…

Souvenirs

Le berger du pré de Mollens

Sous le soleil printanier, Olivier laisse vagabonder son esprit de souvenir en souvenir...

Il se souvient de ce couple de bûcherons, dont "l’gaillard" s’était retrouvé, lors d’une coupe, sous un sapin; et c’est sa compagne qui lui avait sauvé la vie, en le dégageant à la tronçonneuse...
L’amie Jannette, bergère, qui avait fait pousser avec succès des pieds de cacahuètes dans les jardinières de l'alpage...
Les voyages avec Nat et Germain, qui les ont conduits, du Népal au Machu Picchu...
L'hiver au cours duquel il avait tenu une buvette d’alpage sous la neige; c’est en ski de fond et sac à dos qu’il ravitaillait le chalet...
Et la fête pour ses 20 ans de Berger au pré de Mollens … Puis toutes les anecdotes entre paysans et bergers, les verres de blanc (même du rouge des fois) et les amis...

Une chose est sûre, sa gentillesse souriante, et sa douceur naturelle, transforment, tôt ou tard, toutes les personnes qui croisent son chemin en amis.

Installation

Depuis plusieurs jours déjà Olivier fait des allers et retours entre son logement hivernal et le Pré de Mollens, il se prépare à y vivre et y travailler durant cinq mois d'affilé. Un voyage pour les plantes, un autre pour la vaisselle, les vêtements, les poules, les chèvres. Ne surtout pas oublier les livres et les jeux, pour les enfants qui lui rendront visite. Un véritable déménagement en règle.

Les clôtures

Tous les préparatifs sont quasiment terminés, en compagnie du berger de l'alpage voisin (M’sieur Claude), ils ont déjà changé les piquets de bois des clôtures que les intempéries avaient rongés, ils ont tendu les barbelés qui séparent leurs pâturages. Bien sûr, il y aura toujours une qui arrivera à les arracher, mais ça tiendra bien quelques semaines.

En travaillant, ils se sont racontés leur hiver. Verre de l'amitié, demain c'est le grand jour.

Rendez-vous à 8 heures

Le réveil sonne donc très tôt ce premier samedi du mois de juin. Dans le chalet c'est le stress. Les étables sont-elles enfin prêtes à recevoir leurs hôtes ?

Il faut préparer le feu pour que les dames de Mollens, qui arriveront avant nous, n'aient qu'à l'allumer. C'est d'elles que dépend notre repas. Il faut déjà partir, couper à travers bois, pour rejoindre au plus vite le village à dix kilomètres plus bas dans la vallée.

Le rendez-vous est fixé devant l'abreuvoir, à huit heures, comme tous les ans. Mais, comme pour chaque montée, René (l'ancien président du syndicat d'alpage) n'a pas manqué de le rappeler à Olivier.

La montée

La montée

Ils sont arrivés avant nous. Impossible de prendre le temps des retrouvailles. Les bêtes qui ne se connaissent pas sont querelleuses et il est difficile de les tenir en groupe.

Des fleurs décorent les têtes des génisses, accrochés à leurs cous, les toupins, ces énormes cloches d'apparat, qui tout du long résonneront au rythme de leurs pas. Certaines sont de véritables virtuoses, d'autres sonnent un peu faux.
Ces demoiselles sont en pleine forme et pour les empêcher de prendre des chemins de traverse, il est indispensable que chaque paysan qui monte des bêtes à l'alpage vienne aider le jour de l'inalpe.

Un même verre pour tous

Après quelques kilomètres, elles seront plus calmes. Il sera alors l'heure de l'apéritif et des bouteilles de ce vin blanc que les Vaudois affectionnent seront ouvertes. On le boira comme on le fait ici, dans un même petit verre, chacun son tour. Si vous tardez trop, on vous le dit "Loue le Seigneur, pas le verre".

Le travail du berger