Visite du chalet
d'alpage

icone vache

Par la crête ou le village

Pour le promeneur parti du Mont Tendre, il faudra rejoindre le pré Anselme, puis chercher le chemin qui mène au Creux du Nid. C’est un vallon boisé, envahi par les Adenostyles alliariae, plantes d’ombre et de milieux humides de l’étage subalpin. En remontant le haut du Creux du Nid, il débouchera sur le plateau du Pré de Mollens.

Portail du pré de Mollens

Celui parti du village de Mollens, gravira la route qui suit la côte escarpée au travers des sapins et des hêtres. Après la mi-parcours, cette dernière se transforme en piste rocailleuse. Il lui faudra franchir les cinq courbes en épingle à cheveux qui égrènent les dix Kilomètres de la montée, avant de se retrouver (pourvu qu’il ne se soit pas trompé, et qu'il n’ait pas tourné en passant au refuge) devant le clédar (portail) du Pré de Mollens.
Pour nos deux visiteurs, il restera encore une dernière et légère pente à gravir pour rejoindre le chalet d'alpage. Ce dernier est juché sur un dôme.

Visiteurs, vous qui montez par le chemin de Mollens, refermez bien le portail après l’avoir franchi. Pensez au berger, et aux conséquences, si par votre négligence, les génisses passaient à leur tour le clédar resté ouvert…

Un joyeux fouillis !

Le chalet du pré de Mollens

Le chalet se trouve près de la lisière des sapins, sur une bosse, dans un creux de terrain, de manière à être protégé du vent. Il est typique de la zone d’alpage, comprise entre les communes de Bière et de Vaulion. De plan rectangulaire, allongé et très étroit : environ 30 mètres par 7 à 9 mètres, avec une toiture à deux pans.

Les écuries en occupent la plus grande partie. Elles se divisent en trois sections : la plus grande, au centre (qui communique par une porte avec la cuisine), est séparée en deux espaces par un mur muni d’une ouverture de communication en son centre. Dans les murs Nord-Ouest et Sud-Est (face à l’ouverture centrale), deux grandes portes, pour l’entrée et la sortie du bétail (celle du côté Sud-Est est en arc de cercle). Vient s’ajouter une mezzanine qui sert à l’entreposage du fourrage. Au fond à gauche, côté Nord-Ouest, c’est l’emplacement de l’écurie à cochon (aujourd’hui, olivier y rentre ses poules pour la nuit), et du côté Sud-ouest, celle des veaux, avec une entrée extérieure indépendante. Les locaux réservés à l’habitat, sont relégués à l'extrémité Nord-Est du bâtiment.

En direction du Sud-ouest, adossé au chalet, se trouve la plus ancienne des deux citernes. Enterrée, elle forme un tertre. Dans la même direction, plus loin sur la pâture, on distingue encore une ancienne enceinte, faite d’un muret de pierres. Jadis ce devait être un parc de culture pour la production fourragère.

L'histoire des chalets d’alpage dans le Jura Vaudois.

La terrasse du chalet

Vu de l’extérieur, le chalet n’est pas le plus beau du Jura, loin s’en faut. Il semble massif, la citerne "neuve" semi-enterrée ne l’embellit pas, et ses murs de pierres ont depuis longtemps disparu sous le ciment. Son toit, en tôle rouge, peut lui aussi, sembler anachronique, pour le visiteur en mal de passé. Mais pour moi, cette bâtisse recèle énormément de charme, Olivier peut s'enorgueillir, de travailler dans un cadre exceptionnel.

Au fur et à mesure des années, Olivier a transformé le chalet à son image. Souvent dehors il pleut, et le vent souffle, mais lorsque l'on franchit la porte, on trouve refuge dans son joyeux fouillis.

Coté terrasse

Le drapeau du pré de mollens

Elle est aménagée d’un grand auvent, avec une protection latérale du côté Sud-ouest, le tout entièrement démontable. Les soirs d’été, même si le vent se lève, l’espace permet de recevoir en extérieur (C’est aussi un plaisir d’y prendre son petit déjeuner). Un peu plus loin, il y a un creux de feu, c'est ici que l’on prépare la raclette : une demi-meule fondue à même la pierre, face aux flammes. Au moyen-âge, les bergers la nommaient "le fromage rôti"… Humm ! Un régal… sans oublier la broche, ou les saucisses… On y trouve aussi un "poële-four", une antiquité (d’une époque très incertaine) en forme de locomotive.

La cuisine

La cuisine du chalet

C'est une pièce assez sombre qui semble étroite tant elle est longue. A son arrivée au printemps, Olivier a remplacé la lourde porte de bois, par une porte en verre, afin de permettre à la lumière d'entrer. Elle est le cœur du chalet, tout part d'elle. Ses murs sont percés de six portes, deux donnent sur l'extérieur, d'un côté vue imprenable sur les Alpes (si la météo se montre clémente), de l'autre le Jura, et le chemin qui mène au haut du pâturage. C'est aussi l'accès au poulailler, et aux toilettes (traumatisme de beaucoup). Parfois quelques génisses viennent se placer devant, par curiosité ou pour se faire admirer.

Au bout de la pièce un potager (fourneau) qui sert à cuisiner, à chauffer l'eau, mais surtout le chalet, ou qui du moins le devrait... Mais il paraît que le nouveau lui sera efficace.

Au centre, une grande table où l'on se serre le jour de la montée, ou lorsque les visites sont nombreuses.

Sur le côté le salon (et son poêle)

Lorsque l'automne arrive, qu'il fait bon se réfugier dans sa chaleur et ses fauteuils confortables. Dehors le brouillard semble avoir fait disparaître le paysage à tout jamais, mais une tasse chaude à la main on peut en rire, et profiter de ce moment de douceur, en attendant de devoir affronter à nouveau les intempéries… On fait un rami ?

La cave à fromages

La cave à fromages

Muni de fines meurtrières, pour une aération et une température constante, elle fait office de réfrigérateur, c’est ici que sont entreposés les vivres. Désormais, depuis qu’Olivier confectionne des tommes de chèvres, elle a repris une partie de sa fonction originelle. Il l'a équipée d’un plateau avec un évier, pour préparer le moulage du caillé, et de grilles (le tout en inox), pour l'égouttage et le stockage de ses fromages.

A l'étage, les chambres

En bois et étoffes de couleurs, il y a toujours un lit de prêt pour qui viendrait. On y trouve souvent un vêtement que les derniers visiteurs ont oublié, un livre qui date de l'enfance d'Olivier, et que "ces sales gamins" n'ont pas rangé. Une année, il y avait même un lapin échappé, qui dans la journée venait faire une petite sieste sur l'un des lits.

Loin du modernisme